Tous les ans, c’est une mécanique bien rôdée qui se met en marche dès que le sujet du Concours National de la Résistance et de la Déportation est dévoilé, habituellement au printemps.
Dès la publication nationale du thème et de la note de cadrage rédigée par Vincent DUCLERT, inspecteur général de l’Éducation Nationale et président du collège des correcteurs du CNRD, la commissaire de l’exposition, Pascale CAZEEL (présidente de l'association) travaille à l'établissement d'une trame qu'elle présente aux équipes du musée et aux rédacteurs bénévoles. Plusieurs réunions de travail se tiennent ensuite au musée pour creuser en profondeur la thématique mais également exploiter les ressources bibliographiques disponibles. Après avoir défini les grands axes de travail, chaque rédacteur prépare le texte d'un panneau. Vient ensuite la longue étape de la relecture et du lissage pour l’équipe du musée et la commissaire, une vérification portant à la fois sur le fond historique et scientifique mais également sur le style, et les éventuelles coquilles.
Dans le même temps, le musée travaille à obtenir les droits d’utilisation des images choisies pour illustrer les panneaux et s’assure de les obtenir dans la meilleure qualité possible. Cette tâche s’étend sur plusieurs mois et nous voit solliciter de nombreux partenaires (autres musées, archives départementales, associations, presse…).
Quand le travail sur le texte et les images est terminé, le musée fait d’abord appel à un graphiste qui propose une affiche et une mise en page des panneaux, puis à un imprimeur qui donne corps à l’exposition. Dans le même temps, le musée travaille à la préparation du livret de visite (une cinquantaine de pages environ).
Fin novembre, après plus de 6 mois de travail et grâce à l’implication de nombreux partenaires, l’exposition est prête à être inaugurée et à rencontrer ses premiers visiteurs !
Quelques éclairages sur le sujet 2025-2026
Cette année, l’exposition évoque un aspect bien spécifique de la Seconde Guerre mondiale : la fin de l’univers concentrationnaire nazi, le retour (impossible ?) à la vie d’avant et les premiers exemples de traduction en justice des coupables.
Pourquoi avoir choisi comme période les années 1944 à 1948 ?
L’année 1944 marque les premières découvertes par les Alliés des camps de concentration (Lublin-Maïdanek, ouvert en juillet par l'armée soviétique, et le Struthof, en Alsace, en novembre lors de l'avancée des armées américaines).
Le 10 décembre 1948 est adopté un texte fondateur des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme, visant à prévenir les crimes contre l’humanité. La veille, Lemkin avait fait reconnaître par l’assemblée générale des Nations Unies la nouvelle incrimination de « crime de génocide ».
Entre les deux, de nombreux évènements essentiels : la découverte des autres camps, notamment celui Auschwitz – Birkenau en janvier 1945, la capitulation allemande en mai de la même année, ou encore l’ouverture des procès de Nuremberg en novembre 1945.
Ces années ont également été des années « charnière » pour ceux qui avaient survécu à la déportation. L’organisation du retour, l’accueil au pays, la difficulté de retrouver sa place (familles assassinées, bien spoliés…), la place du témoignage dans une société qui n’est alors pas prête à entendre le récit insoutenable des rescapés et veut se concentrer sur la reconstruction…
Autant d’étapes qui sont abordées dans l’exposition, qui se découpe ainsi : 3 panneaux sur la fin de l’univers concentrationnaire, et 9 panneaux autour des 3 mots clés : Survivre, Témoigner, Juger.
Découvrez juste ici une présentation rapide de l’exposition par sa commissaire : https://museedelaresistancedebondues.fr/media/9844.